La réussite scolaire : une grande préoccupation des parents

La réussite scolaire est une préoccupation de tous les parents. Et à juste titre. Il est tout à fait normal et légitime de se préoccuper de l’avenir de nos enfants. Mais cette préoccupation ne cache-t-elle pas autre chose ? En réalité, que souhaite-t-on réellement, qu’ils aient leur bac, ou qu’ils soient des adultes épanouis, bien dans leur tête, dans leur vie et insérés dans leur environnement social, sociétal et naturel ? Dans cet objectif, la réussite scolaire est-elle encore aujourd’hui un gage de réussite sociale, voir d’épanouissement personnel ? On peut légitimement se poser la question.

La réussite scolaire est LA préoccupation principale des parents.

Selon une étude SOFRES de 2004, (cela date de quelques années, mais les choses ne semblent pas avoir beaucoup évoluées depuis), la réussite scolaire est LA préoccupation principale des parents vis-à-vis de leurs enfants, et ce parmi toutes les catégories de population, quels que soient l’âge, la profession ou le lieu d’habitation. Cette question arrive bien avant la qualité des relations que le jeune entretient avec son entourage, et la qualité de son épanouissement extra-scolaire. (source Le Parisien).

Ce constat n’a rien d’étonnant, mais la pression que cela exerce sur le jeune augmente elle aussi au fur et à mesure des années, ce qui n’est pas fait pour faciliter les choses, et peut-être parfois cause d’un stress contre productif et d’une incompréhension entre les membres de la famille.

En effet, le chômage atteint aujourd’hui de nombreux ménages. Il est donc tout à fait légitime pour les parents de vouloir préserver sa progéniture de ce fléau moderne. Et pour se faire de vouloir lui donner la possibilité d’accéder à un niveau d’étude suffisant pour pouvoir se sentir plus ou moins à l’abri des aléas d’un parcours professionnel chaotique. La réussite scolaire est pour la grande majorité des parents, la clé de la réussite professionnelle et par conséquent de l’épanouissement personnel. Et pourtant, ce raisonnement correspond-il à la réalité ?

Les critères de la réussite scolaire

Examiner tout d’abord les critères de cette réussite scolaire. Ce sont évidemment les premiers éléments auxquels nous, parents, accordons généralement de l’’importance :

Les notes

Les notes sont les premiers repères du travail de l’élève, et c’est tout d’abord par là que les parents vont juger du travail scolaire de leurs enfants.

Mais les notes sont-elles pertinentes, justes, et reflètent-elles réellement le travail accompli ?

Le système de notation est par nature totalement biaisé pour un nombre conséquent de raisons. Tout d’abord, le système de notation est particulièrement subjectif. Une même copie peut-être notée différemment par le même professeur en fonction d’un certain nombre de critères qui vont de son humeur aux directives qu’il reçoit en passant par les a priori (positifs ou négatifs) que l’enseignant peut avoir sur l’élève. Les notes divergent encore plus d’un enseignant à l’autre, certains sont plus sévères, d’autres ne veulent pas avoir de problèmes. D’autres facteurs viennent compléter le facteur aléatoire de la note comme la tenue vestimentaire, le fait d’être une fille ou un garçon, d’être issu de l’immigration, etc.

En ce sens, le système d’évaluation par compétences qui est actuellement mis en place dès le primaire, mais aussi en secondaire et dans quelques Lycée n’est pas complètement dénué de fondement. Il permet de voir si l’élève a acquis – ou non – un certain nombre de compétences. Et on peut considérer qu’il est plus juste, puisqu’il permet de mieux cerner les progrès et les lacunes de l’élève.

Les appréciations sur le bulletin

Mais en tout état de cause, la moyenne des notes sur un bulletin est encore plus indicative. Elle permet au mieux de situer l’enfant par rapport aux autres élèves de sa classe. Mais, mis à part les mettre en compétition, l’intérêt reste relatif. En effet, ces notes ne sauraient se passer de l’appréciation qu’un enseignant ou un professeur porte sur l’élève. Il est en effet beaucoup plus valorisant d’avoir une note passable, mais une appréciation comme « élève sérieux, a fait de nombreux efforts, continuez comme ça ». Plutôt qu’une bonne moyenne et une appréciation du style : « élève dissipé qui ne fournit pas le plein potentiel de ses capacités – Manque de travail personnel ».

D’ailleurs, les appréciations comptent presque autant que les notes dans les admissions dans de nombreuses écoles supérieures.

Le passage dans la classe supérieure

Le passage, ou non, dans la classe supérieure est évidemment toujours pris comme un point positif, et un critère de réussite scolaire. Mais attention, il ne faut pas se leurrer. La gestion de l’éducation nationale est devenue de plus en plus comptable. Et garder un élève une année de plus dans le cadre scolaire coûte de l’argent. C’est triste à dire, mais c’est une réalité que les redoublements sont évités au maximum, et ne seront évidemment accordés qu’à la demande expresse de la famille.

Donc le passage dans la classe supérieure n’est pas forcément un critère de réussite scolaire ni ne valide forcément un acquis de compétences.

Les diplômes

Jeune fille étudiante - Image parJan Vašek de Pixabay

Mais au moins, il reste les bons vieux diplômes pour rassurer les parents sur leur réussite scolaire et sur leur acquisition dee savoir et de compétences.

Le brevet des Collèges

Si au début du 20e siècle, le brevet représentait un certain nombre de compétences acquises, et permettait de trouver du travail, les temps ont bien changé. Sans vouloir dévaloriser ce diplôme, il ne permet plus aujourd’hui de trouver le moindre emploi, et ne sert que d’entraînement au baccalauréat. D’ailleurs son mode d’attribution en contrôle continu relativise sa portée nationale, puisqu’il est basé sur les notes reçues tout au long de l’année (cf. ci-dessus).

D’ailleurs le passage dans la classe supérieure ne tient pas compte de l’obtention – ou non du brevet.

Le baccalauréat

En 1985, le ministre de l’éducation de l’époque, Jean-Pierre Chevènement, a fixé pour objectif d’amener 80 % d’une classe d’âge au niveau du BAC. Cela partait d’un constat qui était que les jeunes Français étaient moins diplômés que leurs voisins. Et il en concluait que c’était la cause d’un manque de compétitivité des entreprises françaises.

Est-ce que ce constat était juste et la réponse appropriée ? En tout cas, cette politique a effectivement été mise en place. Elle a abouti en 2012, 80 % de la classe d’âge avait effectivement atteint le niveau bac ; et les taux de réussite au bac ont même atteint les 90 % depuis l’année 2016. Alors qu’en 1985, seulement 30 % d’une classe d’âge l’obtenait.

Mais qu’est-ce que cela signifie en réalité ? Les élèves et la qualité de l’enseignement, ont-ils fait un bon qualitatif d’une telle ampleur, au point d’entraîner un raz-de-marée de jeunes diplômés ? Ou bien tout simplement, il fallait que les résultats correspondent à la volonté politique ? Avec, pour conséquence tout simple, la dévalorisation du diplôme en question. C’est-à-dire qu’il permet juste de poursuivre ses études, mais qui ne valide en rien la qualité des compétences et des savoirs acquis.

Car il ne faut pas se voiler la face, le niveau du baccalauréat a effectivement nettement baissé depuis ces dernières années. Ce n’est pas pour dire « Ah, c’était mieux avant !». C’est juste pour remettre les pendules à l’heure. Alors qu’il était possible de trouver un emploi qualifié avec simplement le Brevet au début du 20e, ce n’est même plus possible avec le baccalauréat au 21e siècle, augmentant d’autant la durée des études.

Que valide la réussite scolaire ?

Au final, qu’est-ce que valide cette réussite scolaire à laquelle nous attachons tous et toutes, en tant que parents, autant d’importance ? Cette réussite scolaire valide-t-elle un savoir ? Des compétences ? Des capacités ? Une adaptabilité au contexte économique et social ? Le développement d’une personnalité épanouie ? Nous sommes en droit de nous interroger.

Est-ce que cette réussite scolaire ne valide pas finalement une forme d’adaptabilité au système, à la norme sociale que l’école veut imposer ? Cela correspond à l’objectif de l’école de Jules Ferry : former des bons petits ouvriers et des employés modèles, ayant pour tout objectif dans la vie que d’avoir une femme, des enfants et une belle maison comme papa et maman. Je fais dans la caricature, vous trouvez ? Penchons-nous un peu plus précisément sur la question.

La réussite scolaire est-elle gage de réussite sociale ?

Trouver un job - Image parIgor Link de Pixabay

Mais même au regard de cet objectif d’arriver à trouver un « job », (on ne parle même plus de travail, ni d’emploi, ni de se former à un métier aujourd’hui), la réussite scolaire est-elle un gage de réussite ?

Passes ton bac d’abord !

Nous avons vu que le baccalauréat est aujourd’hui un passage obligé et incontournable pour toute la jeunesse actuelle. Car c’est le sésame indispensable pour pouvoir poursuivre des études. Et tout le monde sait qu’aujourd’hui sans diplôme, on ne trouve pas de travail !

Mais est-ce que l’obtention d’un diplôme va forcément permettre d’obtenir le travail attendu et correspondant à ses attentes ? Aujourd’hui, environ la moitié des diplômés sont obligés d’occuper un emploi qui ne correspond pas à leurs qualifications.

Et ce poste si convoité, correspond-il en fait au désir de la personne, et permet-elle son épanouissement ? Combien de cadres et d’employés s’ennuient dans leur profession ? Quelle déception de s’apercevoir après tant d’années que c’est pour cela qu’ils ont fait tant d’efforts.

Plus diplômé donc mieux payé ?

Ah oui, mais ils gagnent mieux leur vie que les autres. Peut-être. Et pas si sûr. Je ne parle pas de ceux qui n’ont pas trouvé l’emploi au salaire qu’ils souhaitaient. Non, je parle de ceux qui ont l’emploi et le salaire qu’ils souhaitaient. Ont-ils déduit le prix de leur école, et le nombre d’années où ils n’ont pas gagné de salaire ? Si on faisait le cumul des revenus d’un apprenti sorti après BAC et d’un cadre qui a fait 10 années d’études et a mis 5 ans à trouver du boulot, pas sûr que le cadre soit celui qui se retrouve avec le plus gros patrimoine. Surtout, si l’apprenti a su évoluer et créer son entreprise par exemple.

Quels sont les objectifs de l’école ?

L’école propose un savoir livresque calqué sur le modèle de l’école du 19e siècle. À savoir que l’école de Jules Ferry a été instituée pour contrer les écoles communales qui donnaient un peu trop de place à l’autonomie et au développement des élèves. Il fallait recadrer cela, et au contraire imposer une école qui préparerait à être de bons ouvriers obéissants.

Même les compétences de base qui sont comprendre un texte et effectuer des calculs ne sont pas toutes acquises par les élèves entrant au collège ! Alors que cela devrait être la base de la base. Je sais, on n’a pas le temps de s’occuper de ceux qui ne réussissent pas, parce qu’ils ne sont pas fait pour le moule. On va dire qu’ils sont en échec scolaire, et ainsi les classer dans des tonnes de catégories.

Mais est-ce que l’échec scolaire ne serait pas avant tout l’échec de l’école républicaine. Car sa vocation n’était-elle pas justement d’apporter à tous, les bases de la compréhension écrite et orale, et des mathématiques.

La réussite scolaire est-elle le gage d’une vie épanouie ?

couple heureux - Image parreaklop2 de Pixabay

Comme nous l’avons vu, de nombreux employés et même des cadres se rendent compte, plus ou moins tôt dans leur carrière, que la vie qu’ils vivent ne correspond pas à leurs aspirations.

Car finalement, qu’est-ce qui est plus important ? Avoir un gros salaire, avec une grosse voiture et une grosse maison, ou avoir un métier qui nous plaît, dans lequel on s’épanouit en aidant les autres, et faire quelques concessions par rapport au niveau de vie ?

L’école et toutes les formations enseignent des compétences qui sont déjà obsolètes quand la personne arrive sur le marché. Car les métiers évoluent tellement vite, et la plupart du temps, les enseignants n’ont que des connaissances théoriques des métiers qu’ils enseignent.

Je ne dis pas qu’il ne faut pas d’apprentissages, mais il est absolument évident qu’aujourd’hui l’instruction dispensée par l’éducation nationale n’est pas suffisante pour acquérir les minimums vitaux pour s’insérer dans la vie et trouver non seulement une occupation rémunérée, mais devenir un adulte accompli et épanoui.

Que faudrait-il donc envisager ?

Je ne dis pas qu’il faille forcément sortir ses enfants de l’école, bien que cette possibilité existe et soit tout à fait envisageable. Elle n’est pas forcément un gage de succès, mais l’Instruction en Famille a plus de chance de réunir les conditions nécessaires à l’épanouissement de l’enfant.

Car pour pouvoir apprendre réellement, il serait bon que certaines possibilités soient laissées à l’enfant comme :

Pouvoir poser des questions :

« Pose ta question, tu seras idiot 1 seconde, ne la pose pas, tu seras idiot toute ta vie » Einstein.

L’enfant en classe est évidemment encouragé à intervenir à l’oral, mais seulement dans le cadre qui lui est en général imposé. C’est-à-dire en réponse à la réponse précise qui est demandée. Or, l’enfant est naturellement curieux. Il se pose de nombreuses questions auxquelles il aimerait avoir des réponses. Mais il va vite comprendre que ce n’est pas à l’école que l’on pourra y répondre.

L’enfant qui pose une question est stigmatisé par ses camarades, qui le prennent le plus souvent pour un fayot. Il est tellement plus facile de se fondre dans la masse. D’autre part, les questions que se pose l’enfant rentrent rarement dans le contexte du cours. Et même si cela pourrait correspondre à une matière enseignée, les professeurs doivent respecter le programme. Et ne peuvent donc pas de permettre de faire des digressions sur des sujets annexes.

Quel dommage ! Après, on s’étonne que les enfants à l’école ne sont pas curieux ni motivés ! La curiosité vient de l’intérieur, il est extrêmement difficile, encore plus pour un enfant, de s’intéresser au sujet qui motive l’enseignant. Et les justifications comme : « C’est pour que tu puisses trouver un travail quand tu seras grand », ne sont d’aucune utilité. Car l’enfant vit dans le présent.

Avoir le droit à l’erreur,

« Toute personne désireuse d’apprendre et/ou d’expérimenter ne doit pas être systématiquement sanctionnée pour les erreurs qu’il peut commettre dans les actes entrepris dans cette intention. » wikipedia

Car on apprend mille fois plus de ses erreurs, voire de ses échecs, que de ses réussites et de ses succès. Or là aussi, l’enfant est le plus souvent stigmatisé par ses camarades, voire parfois par les enseignants, quand il ne sait pas. Ce qui ne va certainement pas l’encourager à persévérer dans ses apprentissages.

Ce droit à l’erreur devrait également être encouragé dans la vie professionnelle. Car c’est le seul moyen de progresser, d’expérimenter, d’améliorer des processus.

Pouvoir expérimenter,

« Apprendre n’est pas une chose que l’on fait : apprendre est une chose qui nous arrive » André Stern

L’élève assis derrière son pupitre pendant des heures sans pouvoir bouger est une vision obsolète de l’enseignement. Elle date de l’école de Jules Ferry et n’est plus adaptée au monde moderne. L’enfant a besoin de bouger, d’expérimenter, d’être actif et moteur de ses apprentissages. Tout enseignement non sollicité est contre productif. C’est comme faire boire un âne qui n’a pas soif. Ou faire manger un enfant qui n’a pas faim. Cela ne sert à rien.

Il faudrait laisser l’enfant prendre en main ses apprentissages, comme il l’a fait jusqu’à ce qu’il rentre à l’école. « Mais c’est de la démagogie », « Et puis on n’a pas le temps, comment vous voulez qu’on respecte le programme, si on doit les laisser faire ce qu’ils veulent ? ». Et pourtant, cela serait le moyen d’avoir des enfants motivés, curieux, enthousiastes, et réellement instruits.

Apprendre par le jeu

Le jeu est l’élément naturel de l’enfant. Il y évolue comme un poisson dans l’eau. Il s’y sent profondément à l’aise. D’ailleurs le jeu est indispensable à son développement harmonieux et aide son cerveau à maturer. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne fait pas d’efforts de concentration et qu’il n’apprend rien. Au contraire. Dans le jeu, l’enfant apprend en douceur, sans avoir l’impression d’apprendre. Dans le jeu, l’enfant est motivé. Il n’est pas stigmatisé parce qu’il ne sait pas. Et d’autre part, le jeu permet la répétition sans la lassitude.

Le jeu est un outil formidable pour les apprentissages scolaires.

Les compétences indispensables à développer

D’autre part, il existe des compétences indispensables, sur lesquelles tout parent devrait mettre l’accent, et qui sont peu ou mal enseignées dans le cadre scolaire. Ces compétences que l’école n’enseigne pas, ou si peu, font parti de celles qui – justement – permettent de réussir dans la vie. Et quand je parle de réussite, j’englobe la réussite sociale, financière, familiale, personnelle. Toutes ces compétences indispensables pour réussir ne sont jamais abordées. On pourrait faire une longue liste, en partant de la gestion des émotions, à la manière de parler en public ou de faire passer une idée. Mais je veux surtout mettre l’accent sur trois compétences indispensables, et dont l’acquisition n’est pas si compliquée.

Les compétences en informatique,

Tout d’abord, l’école n’apporte aujourd’hui aucune compétence en informatique. Alors que c’est un outil absolument indispensable pour travailler. L’utilisation de l’ordinateur et de tous les outils numériques à un niveau basique est devenue absolument vitale dans tous les domaines. Elle se fait évidemment sur le tas, et la plupart du temps à la maison pour les plus chanceux. Ou bien directement en situation, ce qui renforce la fracture sociale d’une fracture numérique. Les foyers français sont relativement bien équipés en ordinateurs, tablettes, et autres outils numériques. La fracture se situe plutôt dans leur utilisation.

Car en effet, il ne suffit pas d’avoir le matériel pour savoir correctement s’en servir. Ne serait-ce que l’utilisation basique de traitements de texte, de tableurs, de logiciels de montage, etc. Encore une fois, l’acquisition de ces compétences est plus du domaine des « apprentissages autonomes ». Mais pourquoi ne pas envisager d’aller plus loin et d’apprendre aux enfants les bases du codage, par exemple, ou de la création d’un site web ?

L’apprentissage des langues

Dans un monde qui bouge de plus en plus, les compétences linguistiques sont absolument indispensables pour de nombreux postes. Mais également pour pouvoir se former ou simplement avoir accès à de l’information uniquement disponible en anglais particulièrement.

En effet, l’école n’apporte qu’un niveau nettement insuffisant dans l’apprentissage des langues. En tout cas, peu d’élèves au niveau BAC sont capables de se tenir une conversation courante dans leur langue vivante 1, et plus rares encore en LV2. Pourquoi cette carence en France, alors que d’autres pays arrivent à afficher des résultats nettement plus satisfaisants ?

Apprendre à apprendre.

Il est aujourd’hui extrêmement aisé d’avoir accès à tout un ensemble de connaissances et de savoir, justement grâce à l’informatique et à internet. Et pour autant, ce n’est pas pour cela que l’on est savant et compétent. Comment apprendre et comment acquérir des compétences ? Cela devrait être la base de l’enseignement. Car il existe des techniques pour cela, quel que soit le domaine. Que ce soit pour entraîner sa mémoire, pour devenir meilleur dans une discipline particulière, physique ou intellectuelle. Pour pouvoir favoriser les apprentissages, voici trois points importants :

Bien dormir

Cela paraît peut-être un peu trivial, mais d’une part le manque de sommeil réduit les capacités physiques et intellectuelles. D’autre part, la mémoire se fixe en dormant. C’est pourquoi, en dehors des facteurs de récupération indispensable à l’organisme, le sommeil est un élément indispensable pour arriver à mémoriser.

Connaître les techniques de mémorisation

Il existe toutes sortes de techniques de mémorisation quand il s’agit de retenir les éléments essentiels d’un texte, apprendre une poésie, retenir un cours d’histoire ou de géographie. Ces techniques sont parfois très anciennes, moyens mnémotechniques, techniques de visualisation des lieux ou plus modernes : cartes mentales, etc. Mais toutes apportent une aide précieuse à l’enfant et à l’adolescent confronté à des apprentissages des matières scolaires.

Connaître sa propre courbe de l’oubli

Une des compétences indispensables pour mémoriser devrait être l’apprentissage de la courbe de l’oubli. Par hypothèse, tout ce qui peut se retenir à tendance à s’oublier. Il faut donc pouvoir réviser ce que l’on sait sinon, on va l’oublier. Et à des intervalles plus ou moins long. Il existe trois stades de l’oubli qui correspondent au trois types de mémoires, donc trois stades où il est nécessaire de réviser pour pouvoir se souvenir durablement d’une notion, d’une matière, d’un texte.

Globalement, il existe plusieurs types de mémoires :

    • En premier : la mémoire à court terme, qui ne permet que de mémoriser sur une durée de quelques minutes,
    • La mémoire à moyen terme, de l’ordre de quelques jours à quelques mois,
    • Enfin : la mémoire à long terme, qui permet de mémoriser sur des périodes très longues, de l’ordre de plusieurs années. (même si là aussi les connaissances non mises en pratiquent finissent par s’oublier)

Pour mémoriser définitivement une connaissance, un savoir, une technique, une langue, un sport, un instrument de musique, il faudra passer par ces trois étapes de mémorisation. Cela veut dire qu’il faudra évidemment répéter et répéter de manière régulière pour faire passer ce que l’on veut retenir de la mémoire courte (appelée aussi mémoire de travail) à la mémoire à long terme.

Mais plutôt que répéter à des cycles aléatoires, trop longs ou trop court, si on connaît parfaitement sa courbe de l’oubli, on fera une piqûre de rappel juste avant que ce que l’on veut retenir disparaisse dans les tréfonds de la mémoire.

Gestion de budget personnel.

Une quatrième compétence qui devrait être enseignée est bien la gestion des finances personnelles. Cela éviterait par exemple à de nombreux foyers de se retrouver endettés. Mais à croire que l’objectif n’est pas là.

En d’autres termes, l’école n’apprend tout simplement pas à se débrouiller. Il faut être réaliste, elle ne donne pas les outils pour réussir dans la vie.

Comment aller plus loin ?

Il est donc important, voire même essentiel que les parents ne rejettent pas toute la faute sur l’école et sur ces malheureux enseignants qui s’efforcent comme ils peuvent d’enrayer un phénomène d’échec scolaire de plus en plus courant, cela serait évidemment trop facile et parfaitement improductif. Il est important que les parents se responsabilisent et prennent au sérieux le rôle qu’ils ont à jouer par rapport à la réussite scolaire de leurs rejetons, mais aussi de les accompagner au-delà dans leur réussite sociale et de les guider vers leur épanouissement personnel.

Ce blog veut axer la réflexion sur les outils et moyens pédagogiques à la disposition des parents pour les aider à atteindre l’objectif qu’ils se sont fixés concernant l’instruction de leurs enfants, mais aussi et surtout de proposer des solutions concrètes et pratiques.

Alors, la réussite scolaire de vos enfants est-elle au coeur de votre préoccupation de parents ou bien souhaitez-vous plutôt les aider vos enfants à devenir des adultes épanouis, heureux et insérés dans la société ?

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2 pensées sur “La réussite scolaire : une grande préoccupation des parents

  • 3 septembre 2018 à 22 h 25 min
    Permalink

    Je trouve également que toute cette pression est contreproductive! Quel dommage de constater que cette “réussite” scolaire arrive devant la qualité des relations humaines!
    A la fin, je pense effectivement que c’est surtout les qualités sociales de l’enfant qui pourront le rendre heureux et qui lui permettront de “réussir sa vie” (même si je n’aime pas trop ce terme)
    J’ai hâte de découvrir vos outils qui permettent de conjuguer ces deux préoccupations, et tout ça en prenant du plaisir!

    Répondre
  • 4 septembre 2018 à 15 h 17 min
    Permalink

    La pression pour que les enfants “réussissent à l’école” continuera tant que le bonheur sera associé à la réussite professionnelle et cette dernière à la réussite scolaire. Mais les mentalités évoluent… lentement. Il existe des exemples de réussites professionnelles de personnes qui n’ont pas été brillants à l’école. Pour ce qui est de “réussir sa vie”, il existe ce concept japonais de “ikigaï”, qui se situe à l’intersection de ma passion, ma vocation, ma profession et ma mission et qui est ce que nous devrions tous essayer de construire.
    Pour ce qui est des outils pour apprendre par le jeu, nous allons commencer par développer “comment détourner ses jeux de plateau favoris en vue d’apprentissages scolaires”, et encore bien d’autres pistes pour apprendre les notions élémentaires en s’amusant…

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