L’importance du jeu dans le développement de l’enfant.

Je me réveille en sursaut. Le soleil est déjà haut. Il se reflète sur le miroir de l’armoire et ses rayons m’éblouissent. Soudain, je panique : Le réveil n’a pas sonné ! Je vais être en retard ! Quelle heure est-il ? Mais non, Sandrine, calme-toi ! Depuis que tu as fait cette formation de graphiste et que tu travailles de chez toi, plus de stress le matin pour se lever, plus de transports épuisants, plus d’horaires contraignants, plus de chefs casses-pieds… c’est le bonheur.

Puis je me redresse de nouveau paniquée. Et Baptiste ? Qui est-ce qui devait l’emmener à l’école aujourd’hui ? Je tâte la place dans le lit à côté de moi. C’est vrai, Christophe est au Japon pour ses repérages. Mais alors c’est moi qui dois m’occuper de lui ce matin ! Mer…credi. On va encore être en retard ! Décidément, Sandrine, tu aimes bien te faire monter la pression toute seule pour rien. Je te rappelle que nous avons déscolarisé Baptiste et qu’il fait de nouveau l’école à la maison. D’ailleurs, c’est un peu parce que tu as repris la création de tes jeux pédagogiques. Tu veux dire que Baptiste est un cobaye ? Non, pas du tout. Au contraire, Baptiste est ravi de ne pas aller à l’école et de faire des jeux toute la journée.

Bon, mais il est déjà 9 heures 1/2, je vais quand même aller le réveiller.

« – Bonjour mon cœur, allez, c’est l’heure ! Il faut se lever !

– Hein quoi ? Ah non ! Je peux dormir encore un peu ?

– Il est déjà 9 heures et demi mon chéri !

– Juste un petit peu, maman, s’il te plaît !

“La machine à voyager dans le temps”. Jeu pédagogique sur l’Histoire de France

– D’accord, mais après, n’oublies pas que l’on a dit que l’on faisait le jeu sur l’histoire.

– Ah oui, super. Alors je vais me lever tout de suite. »

J’apprécie énormément de ne pas être obligé de me stresser pour me lever, pour petit-déjeuner et me préparer. Comme convenu, nous faisons le jeu sur l’histoire de France, avec les questions que j’ai préparées aujourd’hui sur Louis XVI. J’ai dû en refaire de nouvelle en quatrième vitesse. Baptiste connaissait toutes les fiches sur les capétiens et le Moyen-âge par cœur. Et là, de nouveau, comme par magie, il assimile et répond naturellement aux questions d’histoire tout en participant au jeu, sans même sans rendre compte.

« Tu veux en faire un autre ?

– Non, maman, je vais un peu étudier tout seul. Je vais continuer mon lapbook sur la biologie. Et puis j’ai des observations à faire sur mon microscope que je dois photographier.

– Tu es sûr que tu n’as pas besoin de moi ?

– Certain, tu peux faire ce que tu as à faire.

– Super. Je vais pouvoir me mettre un peu à travailler. »

Je dois justement écrire cet article sur l’importance du jeu dans le développement de l’enfant. Heureusement, j’avais déjà fait mes recherches, donc je me lance dans la rédaction :

Le jeu est indispensable au développement harmonieux de l’enfant.

Comme tous les parents s’en rendent forcément compte, le jeu est l’activité principale du nourrisson et du petit enfant pendant ses périodes d’éveil. On pourrait dire qu’il évolue dans le jeu comme un poisson dans l’eau. C’est son élément naturel. Il s’y adonne instinctivement dès son plus jeune âge sans qu’il soit besoin de l’y contraindre. D’ailleurs jusqu’à l’âge de 7 ans, en dehors de ses besoins élémentaires, l’enfant ne pense principalement qu’à jouer.

Pour l’adulte, le jeu est souvent considéré comme une perte de temps. Il n’est qu’un délassement, une activité récréative. La plupart des adultes ignorent l’importance du jeu dans le développement de l’enfant. Alors qu’au contraire, le jeu est essentiel pour aider l’enfant à construire sa personnalité et son identité. Le jeu est le moyen le plus naturel de développer son intelligence et ses capacités aussi bien manuelles qu’intellectuelles. Il lui permet également de comprendre et d’appréhender le monde qui l’entoure. C’est ainsi au travers des jeux de société et des jeux collectifs qu’il arrive à s’intégrer dans un groupe et ainsi à trouver sa place. Entre autres, et pour ce qui nous concerne, le jeu permet à l’enfant de découvrir et d’apprendre en se faisant plaisir. Il lui permet aussi de faire travailler son imagination et sa créativité. Bref, les vertus du jeu pour le développement de l’enfant sont innombrables.

En résumé, le jeu est la principale source de développement des enfants, que ce soit sur le plan affectif, social, physique, intellectuel. D’ailleurs, quand on parle de jeu, c’est de toute activité ludique dont nous devrions parler. Car il existe une telle variété et une telle diversité de jeux que l’inventaire en serait fastidieux. En poussant à l’extrême, toute activité pourrait presque être détournée pour pouvoir être abordée sous l’angle du jeu avec l’enfant.

Le jeu et les apprentissages scolaires.

Or, il se trouve que dans notre système d’éducation, dès que l’enfant rentre à l’école primaire, il cesse presque complètement ces activités ludiques, à part à la récréation et pour quelques sports collectifs. La transition est relativement brutale, mais est-elle nécessaire ? Autrement dit, ne pourrions-nous pas continuer à utiliser le jeu pour les apprentissages scolaires ?

De très nombreuses études encouragent l’apprentissage par le jeu en âge préscolaire. Il est intéressant à ce stade de faire la distinction entre le jeu libre et le jeu dirigé. Le jeu libre est – comme son nom l’indique – un jeu où l’enfant garde l’entière maîtrise de ce qu’il fait. Dans le jeu dirigé, l’éducateur ou le parent va orienter le jeu pour amener l’enfant à acquérir certaines capacités ou certaines notions.

Mais la question des apprentissages scolaires par le jeu à partir de l’école primaire se fait plus sporadique. Sur le web francophone, les premières études qui ressortent sont canadiennes, belges, suisses. Comme si la question était tabou, ou en tout cas occultée, dans l’hexagone.

Les apprentissages scolaires par le jeu ont de sérieux atouts qu’il serait dommage de négliger.

Apprendre par le jeu, efficace parce que plaisant.

Leur premier atout, c’est que l’enfant acquiert de la confiance en lui, car il n’est pas évalué pendant le jeu. Il gagne ou il perd, mais c’est dans le jeu, pas dans la vie. Ou bien même, tout le monde gagne dans les jeux coopératifs, qui sont à préconiser évidemment.

D’autre part, le jeu favorise la créativité et donc laisse l’enfant dans une attitude positive, d’ouverture.

Mais surtout, comparé au travail, le jeu conserve un caractère plaisant aux yeux des enfants. Car c’est une activité qui est – et qui doit rester – amusante et délassante. Et donc, c’est une activité choisie par l’enfant, au contraire des devoirs ou même des cours didactiques. Or, il est absolument indispensable que l’enfant soit moteur dans ses apprentissages. On ne saurait faire boire un âne qui n’a pas soif, dit-on. Mais essayez de faire apprendre quelque chose à un enfant qui n’en a pas envie ! C’est la même chose. Si votre enfant n’a pas envie de manger, vous allez le forcer ? Cela serait totalement contre productif. C’est pour cela que le jeu se révèle particulièrement efficace pour les apprentissages scolaires.

Pas d’objectif précis, mais l’avantage de la répétition.

D’autre part, le jeu permet beaucoup plus de souplesse par rapport au travail. On n’attend pas un effet précis, immédiat, du jeu. Il faut en effet tenir compte du principe de répétition. Car une notion ou un savoir ne peut s’acquérir et se mémoriser en une seule fois. Or, le jeu permet justement de revenir sur des notions ou des savoirs. Mais il le fait en douceur, contrairement au devoir, ou à la leçon qu’il faut apprendre. Le jeu peut ainsi permettre l’acquisition de savoir ou de compétences plus difficiles à acquérir par les pédagogies traditionnelles.

C’est pourquoi nous défendons l’idée que le jeu devrait être le support privilégié dans le domaine des apprentissages scolaires. D’autre part, il fait souvent appel à des aptitudes différentes des apprentissages classiques, car tous les supports peuvent être envisagés : sonores, visuels, mimes, pâtes à modeler, etc. mobilisant ainsi les capacités propres à chaque enfant. Tous les enfants ne sont pas forcément à l’aise avec l’écrit, eh oui, c’est une réalité.

Les apprentissages par le jeu peuvent être également une opportunité pour tous les jeunes qui commencent à décrocher du système classique, car ils ne s’y retrouvent pas, pour de nombreuses raisons.

Ainsi, le jeu permet de conserver à l’enfant le désir et le plaisir d’apprendre. Car cette volonté est essentielle dans les apprentissages, et c’est un domaine sur lequel le système classique est le plus défaillant. Le jeu est donc un outil formidable pour les apprentissages scolaires qu’il serait dommage d’ignorer.

Baptiste en pleine découverte avec son microscope.

Après cet intermède d’écriture, je retrouve Baptiste avec qui nous allons déjeuner tranquillement. Je discute avec lui des prochaines matières dans lesquelles il souhaite s’investir. Et je commence déjà à réfléchir quel jeu de société je vais pouvoir détourner ou quel nouveau jeu pédagogique je vais pouvoir inventer.

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