Chaque enfant est unique

Nous les avons mis au monde. Et nous passons beaucoup de temps à leur côté. Nous tentons de répondre à leurs besoins et à leurs désirs. Mais souvent nous ne les comprenons pas. Parfois même, nous nous sentons débordés, dépassés. Heureusement, nous les aimons du plus profond de notre cœur. Mais malgré cela, il nous arrive de nous attrister. Nous voudrions qu’ils ne ressemblent, qu’ils fassent ce qu’on leur demande, qu’il nous écoutent, qu’ils nous obéissent. Mais nous devons comprendre que chaque enfant est un être à part, unique. Il nous est échu la tâche délicate de l’élever, de l’instruire, de l’accompagner jusqu’à l’âge adulte, et parfois même longtemps après. Nous sommes leur guide, leur repère, leur référence. Mais nous ne savons pas tout, et surtout nous devons les respecter pour ce qu’ils sont : des enfants, oui. Mais aussi des individus à part entière.

Voir au travers de chaque enfant l’être accompli qu’il va devenir.

Chaque enfant est un être en devenir. Il n’est évidemment pas encore au fait de ses capacités, mais il porte en lui toutes les potentialités de sa personnalité qui ne demandent qu’à se développer et à s’exprimer. À l’image de la graine qui contient en elle-même tout ce que deviendra la plante, au-delà même des caractéristiques liées à l’espèce, de même l’enfant contient déjà l’être futur que ses expériences vont modeler.

Le rôle des parents et de ses éducateurs est bien de le guider dans ses apprentissages en respectant sa personnalité et son caractère, mais non de décider à sa place. Toute la difficulté est là, se mettre à sa hauteur, sans se rabaisser soi-même, tout en valorisant non seulement ce qu’il est, mais l’être humain accompli, responsable et épanoui qu’il recèle. Ce n’est pas à nous de décider de son avenir, mais au contraire de l’aider dans ses choix.

Chaque enfant a sa personnalité.

Chaque enfant a une personnalité qui lui est propre. C’est souvent flagrant dans les fratries, comment les frères et sœurs peuvent réagir différemment. Il est étonnant de constater les différences d’envie, de goûts, de personnalité de chacun ou de chacune. On peut s’amuser et essayer de savoir de qui lui vient tel ou tel trait de sa personnalité. « Il est comme son père, comme sa mère, comme son grand-père… ». Mais ces ressemblances ne sont souvent que partielles, voire totalement imaginaires. Il est donc difficile voire même illusoire de déterminer l’origine de la personnalité de l’enfant.

La caractérologie de l’enfant.

Il peut également être amusant de faire des tests de personnalité. Cela permet de mieux connaître l’enfant. De savoir ce qui le fait réagir, ce qui le motive. Cela permet donc de pouvoir anticiper certaines situations. Cela peut être un outil pour guider et aiguiller son enfant. Il en existe plusieurs.

La caractérologie de René Le Senne

René Le Senne est le fondateur de la caractérologie française. Sa caractérologie se base sur trois critères de base : l’émotivité, l’activité et ce qu’il appelle le retentissement, qui correspond à la projection dans la durée. De la combinaison de ces trois critères, il détermine 8 types de caractères principaux du passionné à l’amorphe, en passant par le colérique, le sanguin, le nerveux, le sentimental, l’apathique et le flegmatique. Basé sur l’étude de centaines de cas, il affine également ces caractères par d’autres critères qui vont influencer le type principal.

L’Ennéagramme

Il existe aussi l’Enagramme, qui considère que l’être humain opère depuis trois niveaux : le centre instinctif, le centre émotionnel et le centre mental. La combinaison et l’importance que chacun accorde à chacun de ces centres va déterminer la personnalité. Il en résulte 9 types qui ne sont nommés que par des chiffres de 1 à 9, de manière à ce qu’aucune charge émotionnelle ne s’attache au nom. Chaque type s’identifie à sa compulsion, c’est-à-dire à ce dont il est le plus fier : comme sa capacité de travail, son amour, son efficacité, ses connaissances, sa loyauté, son optimisme, son sens de la justice, son calme. À toutes ces qualités correspond une situation que le caractère tente d’éviter à tout prix : la colère, ses propres besoins, les échecs, la banalité, le vide intérieur, la déviance, la souffrance, la faiblesse, les conflits.

Tous ces types de caractères peuvent être combinés entre eux, dans chaque système, et d’un système à l’autre. Ce qui permet d’affiner encore plus. Mais aussi loin que l’on puisse aller dans la finesse, il existera toujours – et c’est heureux, des caractéristiques qui échapperont à toute typologie et à tout classement.

Ces caractérologies sont intéressantes pour mieux connaître la personnalité de l’enfant, mais elles ne peuvent être appliquées aux tous petits. Par contre, il est tout à fait possible de s’amuser à savoir dans quel type de caractère rentre tel ou tel enfant dès qu’il grandit et affirme sa personnalité. Mais ce n’est qu’un indicateur, chaque personnalité étant évidemment unique.

L’enfant est une personne à part entière.

Regard d'enfant

Au-delà de son caractère qui lui est propre, tout enfant, à l’instar de tout être humain, possède une part immanente et immuable qui fait de lui un être unique. Depuis Françoise Dolto, nous savons que les enfants sont déjà des personnes à part entière et qu’il ne faut pas les infantiliser, ni leur parler dans un babil incompréhensible et débilitant, mais au contraire s’adresser à eux avec un vocabulaire simple comme s’ils comprenaient tout.

Elle insiste également sur le fait que dès le plus jeune âge, les enfants s’expriment. Ils n’utilisent pas un langage verbal et codifié comme le nôtre, mais plutôt un ensemble de signes non-verbaux. Ils perçoivent par contre tout le langage non-corporel que nous leur envoyons, les non-dits, voire même les angoisses ou les blessures que nous voudrions leur cacher. En ce sens, ils comprennent certainement beaucoup plus de choses que nous ne le pensons.

C’est pourquoi elle recommande d’adopter une attitude ouverte et franche vis-à-vis des enfants. Cela ne sert à rien de vouloir leur cacher des choses, ou d’attendre qu’ils soient grands pour leur expliquer. Car ils comprennent tout.

Encourageons une éducation bienveillante.

Aujourd’hui, les mentalités ont encore évolué. La plupart des spécialistes de l’enfant recommandent d’adopter une attitude bienveillente vis-à-vis des enfants. Les dernières études en neurosciences prouvent que cela aide les enfants à maturer leur cerveau et à mieux s’adapter à leur environnement. Sachons les écouter, les comprendre. Acceptons-les pour ce qu’ils sont, sans les juger. Et partageons nos vies, nos joies et nos peines. Et surtout prenons soin d’eux, de leurs besoins et de leurs désirs, jusqu’à ce qu’ils deviennent autonomes.

Nous adresser à eux comme à des personnes

Puisque l’enfant est une personne (même petite), nous devrions nous adresser à elle comme si elle l’était. Nous adresserions-nous à elle de la même manière, si c’était une grande personne ? Posons-nous la question quand un début d’incompréhension ou de conflit commence à poindre. Il est toujours intéressant de faire le parallèle avec un adulte. Nous comporterions-nous de cette manière avec un conjoint, un ami, un parent ? Nous lui imposerions nous notre point de vue ? Est-ce que nous lui donnerions des ordres ? Le punirions-nous ? Probablement pas.

Alors pourquoi le faisons-nous avec nos enfants ? Évitons de nous placer dans une position supérieure où la relation agit à sens unique. « Tais-toi ! Moi, je suis le parent, je suis plus âgé que toi, donc je sais mieux que toi ! ». Considérons que nous accueillons pour quelque temps ces êtres en devenir. Notre rôle est de les rendre autonomes pour les aider à vivre le mieux possible leurs vies d’adultes, pas de les conformer au modèle auquel nous souhaiterions qu’ils ressemblent.

Cela nous oblige à conserver une certaine humilité vis-à-vis de nos enfants. Les parents et les enseignants en savent plus que les enfants. Ils maîtrisent le langage. Ils ont des connaissances et des outils que les plus jeunes ne maîtrisent pas encore. Mais ces derniers possèdent une personnalité unique. Ils peuvent nous la faire découvrir si l’on sait les écouter et ouvrir nos cœurs. Les enfants nous enseignent sur nous-mêmes allant jusqu’à être parfois notre propre reflet.

C’est donc dans cet état d’ouverture d’esprit, d’humilité et de réciprocité que nous devrions éduquer et instruire nos enfants en développant leur personnalité et leur identité.

Chaque moment est unique.

D’autre part, une personnalité n’est jamais figée. Elle peut évoluer dans le temps, à longue ou à très brève échéance. Et puis les besoins et les envies des enfants changent d’une seconde à l’autre. Il faut pouvoir s’adapter à leur caractère souvent versatile. Au point que nous sommes heureux quand ils se fixent sur une tâche pendant plusieurs minutes. En dehors du sein, c’est la plupart du temps le jeu qui arrive à captiver leur attention. Nous ne saurions d’ailleurs que trop insister sur l’importance du jeu dans le développement de l’enfant.

Ainsi, chaque moment que nous vivons avec nos enfants est lui aussi unique. Car ils sont en perpétuelle évolution. Nous aussi, mais à des vitesses plus lentes. C’est pourquoi l’enfance est un moment magique. Parce que nous savons parfaitement que nous ne retrouverons jamais ces moments. C’est pourquoi nous devons nous y investir pleinement. Même si ce n’est pas toujours facile !

S’adapter à l’enfant

Il faut beaucoup de qualité pour pouvoir s’occuper d’enfants. Que ce soit en tant que parent, ou encore plus en tant que professionnel de l’enfance. Il faut de la patience, de l’adaptabilité, de l’empathie, de l’imagination, de l’enthousiasme, de la résistance physique et psychologique.

Il faut reconnaître que le métier de parents n’est pas de tout repos tous les jours. Or, personne ne nous prévient de ce qui va nous arriver. Et c’est la plupart du temps quand les enfants sont là que nous découvrons l’ampleur de la tâche. Avec toutes les joies qui vont avec, mais aussi, il faut bien le dire, les difficultés, les déceptions, les incompréhensions, la lassitude et parfois même le découragement.

Le cerveau émotionnel de l’enfant n’est pas maturé avant 5 ans.

Et pourtant, si nous connaissions mieux les enfants, nous saurions mieux comment nous comporter à leur égard. Car bien que ce soient des personnes à part entière, elles ne se comportent pas encore comme des grandes personnes. À titre d’exemple, elles sont incapables de gérer leurs émotions avant l’âge de 5 ou 6 ans. Leur cerveau n’est pas encore maturé. Leurs pleurs, leurs cris, leurs colères ne sont pas faits pour embêter les parents. Il ne sert donc à rien de les punir. Ce n’est que le seul moyen d’expression qu’ils ont trouvé pour communiquer. Communiquer quoi ? Besoin d’affection, de tendresse, faim, douleur, désagrément, etc ? À nous d’arriver à décoder leurs pleurs et leurs colères.

Durant la petite enfance, l’enfant ne peut pas contrôler ses émotions

Connaître les étapes de la maturation émotionnelle et affective aide à comprendre l’enfant. Nombre d’adultes trouvent que leur enfant de trois ou quatre ans ne se comporte pas bien. Ils se plaignent qu’il fasse des caprices, des colères, hurle, a des cauchemars, ne veut pas dormir, a des moments d’agressivité, de peur, de pleurs. Or, ces attitudes sont habituelles à cet âge-là ! Le cerveau du petit enfant est très immature. Il ne peut pas réagir comme un adulte. Ce n’est pas qu’il ne sait pas ou ne veut pas, c’est qui ne peut pas.

En dessous de cinq ans, le cerveau archaïque et émotionnel domine et l’enfant se contrôle difficilement : il tempête pour obtenir ce qu’il aime, de même qu’il est traversé de peurs incontrôlables, des colères explosives et d’immenses chagrins. Il ne s’agit ni de caprice, ni d’un trouble pathologique du développement, mais de comportements dus à l’immaturité de son cerveau qui ne peut pas encore contrôler les émotions. Les structures cérébrales et les réseaux neuronaux qui gèrent les émotions ne sont pas encore suffisamment matures. La partie du cerveau qui contrôle nos impulsions, nos émotions, le cortex préfrontal, et les circuits neuronaux reliant le cortex préfrontal au cerveau archaïque et émotionnel ne commencent à maturer qu’entre 5 et 7 ans (Gee 2014).  (Catherine Gueguen in Vivre Heureux avec son enfant. p. 42)

Et même quand le langage vient faire son apparition, les réflexes acquis durant la petite enfance resteront implanté dans le cerveau et le comportement de l’enfant. S’il a appris à se couper de ses émotions, il continuera à avoir des comportements que lui-même sera incapable de contrôler et encore moins d’expliquer.

Apprendre le métier de parents ?

Famille sur fond de coucher de soleil -

S’occuper des enfants n’est pas une tâche facile. Beaucoup d’avis contradictoires sont donnés dans l’entourage. Cela peut venir de nos propres parents, de voisins, de professionnels de santé, d’amis, de connaissances, de simples passants. Certains, qui n’ont même parfois jamais eu d’enfants, se permettent de donner des avis à l’emporte-pièce, et vous explique comment vous devriez faire. Laissez-les parler et construisez votre propre vision de l’éducation.

Il est en tout cas certains aujourd’hui que les méthodes douces valent mieux que les méthodes coercitives. Une étude sur ce sujet a été réalisée par des chercheurs de l’université de Kobe. Et le résultat est sans appel, ce sont les parents les plus encourageants qui permettent le mieux à leurs enfants de réussir, et non les plus sévères ni les plus négligents. D’ailleurs, les neurosciences valident aujourd’hui cette approche, et notamment la bienveillance et l’empathie, qui s’opposent aux anciennes méthodes coercitives et punitives, comme nous l’expliquons dans cet article sur le jeu et la bienveillance au regard des neurosciences cognitives.

Ce n’est évidemment qu’au fil des années, que nous nous forgeons petit à petit une expérience de parents. Or, comme tout, cela s’apprend. Mais il faut avoir l’humilité d’accepter que nous ne savons pas tout. Et pour cela faire la démarche de se documenter, d’approfondir ses connaissances, d’accepter les conseils de personnes de confiance.

Et vous, comment concevez-vous votre rôle de parent ? Comme quelque chose qui coule de source ou comme un calvaire ingérable ? N’hésitez pas à nous faire part de vos avis et de vos expériences dans les commentaires.

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Une pensée sur “Chaque enfant est unique

  • 31 juillet 2018 à 15 h 27 min
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    Tout à fait d’accord!

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