Pourquoi favoriser les jeux coopératifs ?

Pourquoi joue-t-on ? Dans tous les jeux, l’objectif est de gagner, évidemment ! Dans tous ? Pas forcément. Même si l’on ne joue pas à qui perd gagne, il est possible de jouer juste pour jouer. C’est ce que l’on répète souvent aux enfants : « l’important ce n’est pas de gagner, l’important, c’est de jouer ». Mais il existe également un autre objectif de jeu. Même si dans la majorité des jeux, l’objectif est de gagner contre les autres, il existe un type de jeu qui a pour objectif de gagner avec les autres. Il s’agit bien évidemment des jeux coopératifs. Pour contrer la logique actuelle omniprésente de la compétition et du tous contre tous, les jeux coopératifs ont pour vertu de développer de nombreuses valeurs positives comme les notions d’entraide, de solidarité et bien sûr, de coopération.

A/ Pourquoi favoriser les jeux coopératifs ?

Les jeux en général encouragent la compétition. C’est flagrant dans la pratique de nombreux sports, mais pas seulement. Même dans les jeux les plus courants et les plus anodins, l’objectif de gagner peut difficilement empêcher la frustration ressentie en cas de perte. Car pour un gagnant, il y a en général autant de perdants que de joueurs moins un. Il est indéniable que la perte induit un sentiment de solitude et d’isolement. Et fait notamment apparaître la peur et le sentiment d’être rejeté. Alors, plutôt que de dire aux enfants qui n’ont pas gagné : « Il faut apprendre à perdre », « Soit bon joueur ! » ou « On ne joue pas que pour gagner », pourquoi ne pas favoriser et mettre en place des jeux coopératifs ?

Car la recherche d’un but commun pendant le jeu deviendra au contraire le moyen de sortir de la peur créée par le sentiment de solitude et d’incomplétude. Et le résultat du jeu lui-même importera moins que les moments partagés ensembles.

B/ Les jeux coopératifs développent des valeurs positives :

Nous ne reviendrons pas ici sur l’importance du jeu dans le développement de l’enfant. Mais nous voulons souligner les avantages des jeux coopératifs. Car ils encouragent des valeurs positives :

1/ La participation,

Puisque l’objectif est de réussir en commun, tout le monde doit participer. La réussite de l’ensemble dépend de l’engagement de chacun. Et par conséquent, chacun se sentant utile et reconnu pour ce qu’il est, aura plus tendance à développer ses propres capacités et ses propres compétences. Plutôt que de rentrer dans la compétition dans le domaine de l’autre, ou l’on n’est pas forcément le plus fort, l’enfant va chercher à développer ses capacités où il sera le plus utile au groupe.

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2/ L’entraide,

Puisque l’objectif est de réussir en commun, au lieu d’empêcher l’autre d’atteindre son objectif, il va au contraire falloir s’entraider, puisque nous avons le même objectif que lui. Plus besoin de chercher à mentir, à dissimuler ou même à tricher.

3/ La communication,

Eh oui, pour gagner en commun, il faut communiquer, dire ce que l’on fait, où l’on va et aussi se mettre d’accord avec les autres sur ce que chacun doit faire.

4/ L’organisation,

Il faut aussi apprendre à s’organiser, répartir des responsabilités et des tâches, en fonction des participants et du type d’objectif final à accomplir.

5/ L’acceptation,

Tout le groupe devra favoriser l’intégration et l’acceptation des autres participants, en leur donnant la place qu’ils méritent tous, et en les aidant le cas échéant.

6/ Le plaisir

Comme il n’y a pas de frustration, il y a plus de plaisir, plus de cohésion du groupe. Pas de perdant, cela signifie que normalement, tout le monde est satisfait.

C/ Quelques exemples de jeux coopératifs

Les jeux coopératifs sont plus nombreux qu’il n’y paraît. Il en existe même des dizaines, et vous trouverez de nombreux jeux coopératifs sur internet. Je ne retiendrai que quelques exemples.

1) Les jeux d’équipe

Presque tous les jeux de ballon sont des jeux d’équipe, et par conséquent, ils pourraient rentrer en quelque sorte dans la catégorie des jeux coopératifs. Ils demandent évidemment une entente entre les membres de l’équipe, une coopération et évidemment une stratégie commune. Même si chaque joueur a sa place bien attitrée, comme dans une équipe de foot. Est-ce ce côté jeu coopératif qui fait l’attrait de jeux de ballons ? Oui, mais pas seulement, l’aspect purement sportif et la dépense physique rentrent sûrement également en ligne de compte.

Les jeux d’équipe ne sont pas ce que l’on entend généralement par jeu coopératif. Pourtant, certains enseignants développent des jeux coopératifs pour les enfants au CP/CE1.

Mais autant les sports d’équipe favorisent la coopération au sein même du groupe, autant ils renforcent la compétition avec les adversaires. D’où un avis mitigé sur les résultats en terme de construction de la personnalité des enfants. Un des rares sports où la compétition n’est pas mise en avant est l’aïkido, ou le résultat est au contraire lié à l’harmonisation la meilleure possible avec son partenaire.

2) Les jeux coopératifs de plateaux

Mais il existe également des jeux de plateau coopératifs.

a) Le verger

Le but est d’arriver à récolter tous les fruits des 4 arbres avant que le corbeau ne les mange tous.

b) Croque-carottes.

Jeu coopératif croque-carottes
Jeu coopératif croque-carottes

Les joueurs jouent tous contre le lapin. Ils doivent planter et récolter les carottes avec que ce dernier ne les mange.

3) Les jeux de cartes

Hanabi

Jeu coopératif Hanabi
Jeu coopératif Hanabi

Le but est d’arriver à reconstituer les feux d’artifices qui ont été mélangés. Les joueurs ne voient pas leurs cartes, et ce sont les autres partenaires qui lui donnent des indices.

4/ Les jeux video

Les jeux video en équipe sont légions, mais nous avons trouvé un jeu video réellement coopératif :

We were here

We were here est un escape game coopératif, disponible gratuitement sur la plateforme Steam. Deux personnes sont enfermées dans un manoir. Elles sont dans des pièces différentes et ne communiquent que par des talkies-walkies. Elles doivent arriver à survivre et à s’échapper, en échangeant des informations, afin de résoudre les énigmes et les problèmes.

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Le jeu est assez plaisant. Le graphisme est sympa. Les épreuves sont variées avec parfois avec un compte à rebours.

Voici une petite démonstration de we were here.

5) Le projet commun

Débordant un peu du strict cadre du jeu, il est possible de mettre en place des projets communs, soit au sein d’une classe, soit au sein de la famille, comme construire une cabane, confectionner un repas ou préparer un voyage. Ces activités, ayant un objectif commun adopté dès le départ, encouragent elles aussi la coopération.

D/ Des jeux coopératifs pour construire la société

Ainsi l’intérêt de jeux coopératifs et de faire comprendre aux enfants qu’il est possible, et même souhaitable de s’entraider. Si tous les tenants de la société pouvaient en effet comprendre que si tout le monde n’est pas gagnant, personne ne l’est. Une société ne peut fonctionner que si tous ses éléments trouvent leur place. En exclure un seul, c’est les exclure tous. Or, notre société de compétition, fabrique des exclus. Tout le monde ne peut pas gagner en même temps, donc il y a forcément des mécontents. C’est inhérent à ce système de compétition.

La société devrait être basée sur la coopération et la communication, car c’est seulement à partir de là que le monde trouve des bases réelles et solides sur quoi construire. Seule la coopération de toutes les cellules d’un corps humain ont un but commun, celui du fonctionnement et de la survie du tout. Tous les corps et les groupes constitués formant un tout vivent selon le même principe. Vouloir construire une société sans tenir compte de ce principe ne peut tout simplement pas fonctionner. Tous les éléments d’un écosystème contribuent au maintien et à la survie de cet écosystème. Enlever un seul élément, et le système s’effondre.

Et vous, jouez-vous à des jeux coopératifs ? Lesquels ? Dites-le nous dans les commentaires.

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