Comment déceler les difficultés scolaires de son enfant (et y remédier).

Comme nous l’avons vu précédemment, la réussite scolaire est LA préoccupation principale des parents. Alors comment aider son enfant dans ce sens ? La réponse n’est pas simple, car chaque enfant étant unique et la réponse doit être adaptée à chaque enfant.

Mais pour le moment, nous allons en quelque sorte prendre le problème à l’envers. Car cela paraît un peu bête, mais réussir, c’est avant tout ne pas échouer. Nous allons donc nous focaliser aujourd’hui sur les difficultés, retards et blocages que rencontre l’enfant dans ses apprentissages. Car ces difficultés scolaires risquent de rapidement le démotiver, pouvant ainsi conduire à l’échec, voire à terme au décrochage du système scolaire si rien n’est entrepris. C’est pourquoi il est indispensable de les déceler le plus tôt possible, de manière à agir le plus efficacement. Nous en analyserons ensuite brièvement les causes et proposerons quelques pistes de solutions.

A/ Les indices d’une baisse de motivation.

  • Les notes

C’est évidemment le premier indicateur du travail scolaire. Et c’est celui auquel les parents attachent toujours autant d’importance. « Il faut avoir de bonnes notes en classe, sinon tu ne réussiras pas dans la vie ». Je pense qu’il faut relativiser la valeur des notes. En elles-mêmes, il faut bien avouer qu’elles ne veulent pas dire grand-chose. Que veut dire un 16/20 dans une classe où la moyenne est de 17 ? Les notes sont surtout intéressantes pour pouvoir mesurer les progrès, mais aussi pour ce qui nous concerne, la perte de motivation de l’enfant.

Car les notes sont à relativiser dans les deux sens. Des bonnes notes peuvent cacher un enfant très doué, qui n’a pas de problèmes, mais qui va s’ennuyer et se désintéresser de l’école. À l’inverse, des mauvaises notes attribuées à des enfants qui font des efforts, masqueront leurs efforts pour obtenir des résultats. C’est pour cela que l’appréciation et l’avis des enseignants doit moduler et orienter les parents.

C’est pourquoi il est important de conserver un dialogue avec ces derniers, et de prendre rendez-vous de temps en temps avec eux pour faire le point.

La notation chiffrée des connaissances tend d’ailleurs à disparaître en primaire, au profit d’un livret de compétences. Cette nouvelle méthode de notation ne résoudra pas les problèmes de fond. L’intention de ne pas traumatiser les enfants est louable. Mais ce n’est pas en cassant le thermomètre que l’on va résoudre les problèmes inhérents au système.

Mais au-delà de ces résultats purement scolaires, d’autres indicateurs sont essentiels, et même indispensables à prendre en compte et à déceler en cas de changement :

  • L’enfant va-t-il à l’école avec entrain ?

L’enfant va-t-il à l’école volontiers ? Ou est-ce qu’il fait la sérénade tous les matins ? C’est un des critères les plus significatifs. Votre enfant rechigne régulièrement pour aller à l’école ? Il traîne le matin et fait des histoires pour y aller ?

Sans vouloir exiger de l’enfant qu’il saute de joie tous les matins, il est quand même important que cela ne soit pas le bagne. Car cela le devient rapidement également pour les parents. D’autant qu’en général le parent en charge d’emmener son enfant doit aller travailler et n’a pas réellement le temps de discuter, ce qui serait la meilleure chose à faire le plus tôt possible.

Dans ce cas, il faut se poser sérieusement la question de savoir quelles sont les raisons de son manque de motivation.

B/ Les causes du décrochage de la motivation.

Les causes de la baisse de motivation peuvent être diverses et il est important d’arriver à les déterminer le plus rapidement possible :

  • Les autres élèves :

Votre enfant est stigmatisé parce qu’il est différent. Comme on l’a vu : chaque enfant est unique. Mais à l’école primaire voire même au-delà, les différences ne sont pas toujours comprises et acceptées par les camarades. Elles sont souvent stigmatisées sans que cela soit forcément décelé par les encadrants. Sans parler forcément de cas flagrants de handicap, il suffit parfois de peu de choses, des vêtements différents, une paire de lunettes, un bégaiement, ou autre. Cela peut être aussi des violences, du harcèlement, ou toute sorte de cause. Dans ce cas, l’enfant hésitera beaucoup à en parler à un adulte, car il se sentira responsable.

  • Les difficultés de compréhension.

    C’est le cas que l’on envisage le plus couramment. L’enfant n’arrive pas à assimiler les notions, les données qu’on lui présente. Il ne va pas forcément décrocher immédiatement. Mais si certaines notions ne sont pas correctement assimilées, les cours basées sur ces notions ne pourront pas être assimilées non plus, créant ainsi un retard dans une matière en particulier, qu’il sera de plus en plus difficile à combler.

    Ainsi notre fille avait beaucoup de mal avec la numération. Elle a mis longtemps à comprendre le principe pour compter en base 10. Elle a donc progressé lentement en mathématiques, mais heureusement qu’elle était à la maison, car cela ne l’a pas retardé.

  • La trop grand facilité de compréhension.

    C’est une éventualité que l’on néglige souvent. Sans parler forcément d’enfant surdoué, il arrive qu’un enfant comprenne plus vite que les autres. Il aura rapidement l’impression de perdre son temps, et s’il n’est pas sollicité, il va avoir l’impression de ne pas être à sa place. L’enfant intellectuellement précoce est lui aussi différent des autres, il peut décrocher, tout autant qu’un élève en difficulté. D’autant que ces êtres sont souvent fragiles émotivement et psychologiquement et il faudra les surveiller attentivement, au moins autant que ceux qui éprouvent des difficultés.

C/ Les remèdes aux difficultés scolaires.

  • Dédramatiser.

    Dans un premier temps, il est important de comprendre que tous les enfants ne peuvent pas apprendre les mêmes choses en même temps. Il est donc tout à fait normal qu’un enfant soit en avance dans un domaine et en retard dans un autre. L’institution voudrait que tous les enfants soient formatés sur le même moule et réagissent tous de la même manière. Heureusement, ce n’est pas le cas et il faut espérer que cela ne le sera jamais.

    D’autre part, encore une fois, même si la réussite scolaire est importante, elle ne fait pas tout dans la réussite professionnelle, sociale, ni dans l’épanouissement de l’enfant, ni de l’adulte en devenir. Il n’y a qu’à regarder la liste impressionnante de personnes ayant réussi dans la vie, sans être particulièrement brillants à l’école. Certaines personnes font de longues études et n’ont pas forcément des carrières mirobolantes. D’autres comme Olivier Roland, qui a écrit ce livre sur « tout le monde n’a pas eu la chance de rater ses études », et qui se vante d’être « bac moins deux » tout en ayant réussi une brillante carrière d’entrepreneur.

  • Prendre en charge le plus tôt possible les causes médicales.

    Il est important de déceler le plus tôt possibles les troubles d’apprentissages qui peuvent avoir pour cause des raisons médicales et nécessiteront ainsi un suivi adapté. Il est important dans ce cas d’en discuter avec l’équipe d’encadrement qui aidera les parents à faire un diagnostic.

    La dyslexie, la dysorthographie, et tous les autres troubles DYS (dysphasie, dyscalculie, etc.) peuvent être la cause des difficultés d’apprentissages. Dans ce cas, un suivi orthophoniste peut aider à résoudre les problèmes.

    Attention toutefois à ne pas généraliser trop vite. Un retard scolaire ou des difficultés ne signifie pas obligatoirement que l’enfant a un problème psychomoteur.

  • Soutien scolaire.

    Le soutien scolaire peut remédier à des retards de compréhension. Mais attention à bien diagnostiquer l’origine des difficultés, car sinon le soutien scolaire peut se révéler inefficace. Il est évidemment préférable que ce soient les parents eux-mêmes qui effectuent ce soutien, en tout cas tant que l’enfant est encore à l’école primaire. Car tout d’abord, cela renforce le lien entre le parent et l’enfant. À condition évidemment que cela ne soit pas un sujet de conflit et de tensions supplémentaires.

  • Changer d’école.

Si le problème vient du contexte scolaire, ou d’une trop forte stigmatisation de l’enfant pas ses camarades, il faut certainement envisager de changer l’enfant d’école. Mais ce n’est pas toujours simple et ne résoudra pas forcément le problème.

  • Apprentissages par le jeu.

    Les apprentissages par le jeu sont la voie royale pour les apprentissages scolaires. Leur utilisation est encore trop sous-estimée en milieu scolaire, et c’est bien dommage. Encore une fois, c’est aux parents de prendre eux-mêmes la direction des opérations, soit en détournant des jeux de plateau, soit en fabriquant soit-même ses propres jeux pédagogiques.

  • Déscolarisation.

    Le temps nécessaire pour aider son enfant à surmonter ses difficultés peut devenir rapidement exponentiel. L’Instruction en famille est alors une solution tout à fait envisageable. Elle demande évidemment des aménagements de son propre temps de travail, ou bien qu’un des parents travaille à domicile ou tout simplement ne travaille pas. Il n’est pas difficile à mettre en place, et surtout, ne demande aucune compétence particulière. Il faut pour cela se faire confiance et surtout faire confiance aux capacités d’apprentissages de ses enfants. Faisons-leur confiance. Ils ont souvent plus de ressources que nous le pensons.

    L’Instruction En Famille est une solution parfaitement adaptée à un enfant en échec scolaire. Cela permet de prendre de la distance vis-à-vis de l’institution. C’est aussi l’occasion de redonner à l’enfant le goût des apprentissages scolaires. Et c’est un excellent tremplin pour reprendre une scolarité épanouie et brillante.

Et vous, comment réagissez-vous face aux difficultés scolaires de votre (vos) enfant (s) ? N’hésitez pas à nous faire part de votre expérience dans les commentaires ci-dessous.

 

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