Kendama : jeu d’adresse ou sport ?

Profitons de cette période de vacances pour faire une petite incursion dans un domaine de jeu qui n’a rien à voir avec les matières scolaires. Tout le monde connaît le bilboquet, ce jeu d’adresse constitué d’une boule percée d’un trou dans laquelle il faut enficher une sorte de bâton en forme d’épée. Mais connaissez-vous ses origines ? Et surtout saviez-vous qu’il a pris une grande ampleur dans sa version japonaise de kendama ces dernières années.

1/ Un peu d’histoire

a) Les origines du bilboquet.

Il paraît assez difficile de retrouver les origines exactes du bilboquet. D’après certains, on en trouverait les toutes premières traces en Chine ancienne.

Quant au nom, bien qu’il fasse penser à celui de Bilbon Sacquet, le héros de la saga de Tolkien, il est bel est bien d’origine française. On le trouve pour le première fois chez Rabelais en 1534 sous la forme de bille boucquet, probablement par similitude au bouc.

En tout cas, le roi de France Henri III répandit sa pratique durant son règne (1574-1589), l’emmenant partout avec lui, et notamment durant ses parties de chasse.

Le bilboquet sur une assisette – 17e siècle

b/ Du bilboquet au kendama

Le bilboquet fut introduit au Japon durant l’ère Edo au début du 17e siècle, où il agrémentait les fêtes et les banquets. Comme tout ce qui passe par le Japon, le bilboquet subit des transformations. En 1919, Hamatsugu Ekusa, vivant dans la région d’Hiroshima, ajouta des coupelles sur le côté du manche et une sur l’extrémité. Ces formes rappelant la lune et le soleil, chers aux Japonais, le nom de nichi getsu dama, la boule, la lune et le soleil lui fut donné.

c) Le kendama devient populaire dans les années 70 au Japon

L’auteur de littérature pour enfants Fujiwara popularise le kendama auprès des enfants et créé la Japan Kendama Association (JKA) en 1975. Il avait pour objectif de cultiver l’esprit d’entraide et de solidarité au travers de la pratique du kendama.

d) La reprise de la fabrication au Japon

C’est en 1973 que la société Yamagata Hakushisha commence à fabriquer ses premiers nichi getsu dama. Sous l’impulsion de la JKA, elle va grandir et augmenter rapidement sa production.

Elle change de nom en 2006 pour devenir la société Yamagata Koubou. Située à Nagaï dans la préfecture de Yamagata, la société devient la première productrice de kendama au Japon, et par conséquent dans le monde.

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e) Puis le Kendama passe par les États-Unis dans les années 2000

Dans la deuxième moitié des années 2000, quelques skieurs américains vont pratiquer leur sport au Japon. Ils y découvrent le kendama et vont avoir une passion pour ce jeu. Ils vont populariser le jeu au travers vidéos YouTube qui commence à prendre de l’ampleur.

Puis la mode va se répandre en Europe et en France, pour ainsi boucler la boucle. Par soucis de simplicité, le vocabulaire anglais reste celui utilisé.

2/ Comment jouer au Kendama ?

a) Les parties du kendama

Les parties du Kendama
Les parties du Kendama – Source : Kendama France

Comme on le voit, le kendama est composé de trois parties :

  • Le tama = la boule, reliée au sarado par un fil.
  • Le ken = l’épée avec la pointe à une extrémité, un coupelle à l’autre, t
  • Le sarado s’enfiche de manière sur le ken (et se démonte) il est muni de deux coupelles, une petite et une grande appelées aussi les cups.

Ces coupelles permettent de recevoir la boule et multiplient le nombre de figures possibles à l’infini.

b) Les différentes figures réalisables

Il est possible de faire toutes sortes de figures avec le kendama,  c’est même là son intérêt et sa principale différence avec le bilboquet. Elles dépendent de la manière dont on le tient. Mais aussi de la manière de rejoindre les deux parties : la boule et le ken, par la pointe, ou les cups. Il est ensuite possible d’enchaîner les figures de bases.

Pour les figures de base :

  • La big cup : on fait monter la tama, et on la réceptionne dans la big cup.
  • La small cup : idem, mais dans la small cup.
  • La base cup : on réceptionne cette fois-ci le tama dans la base cup, facile, non ?
  • Le spike, qui consister à rentrer la boule dans la pointe, le spike, justement.
  • Et le air plane : on tient le tama, et on doit faire rentrer l’épée dans le tama. C’est l’inverse du spike en quelque sorte.

On peut ensuite commencer à envisager quelques variations :

  • Le swing spike consiste à faire tourner le tama avant d’effectuer le spike,
  • Pour le earth turn, on part de la position finale du spike. Ensuite, on fait tourner le tama sur lui-même, puis on le récupère en spike,
  • Quant au ken flip, il consiste à faire tourner le ken sur lui-même et on récupère la tama sur la petite coupelle.
  • Etc.

Le mieux, c’est de vous les montrer :

3/ Les bénéfices du kendama

Le kendama demande beaucoup d’adresse et de concentration. Il demande beaucoup de dextérité et de patience. Et fait particulièrement travailler la coordination main-oeil. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il sollicite aussi de nombreux muscles. Non seulement ceux du bras, particulièrement le droit pour les droitiers, mais aussi ceux des jambes. Car la réception se fait beaucoup en amortissant avec souplesse. Le kendama se situe donc entre le jeu de dextérité et le sport.

Le Kendama favorise également le lien social. Il permet facilement de nouer des contacts entre joueurs, mais aussi avec des personnes novices attirées par ce curieux objet et les gesticulations de son opérateur.

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Le kendama permet également d’apprendre par l’erreur et la répétition et renforce la persévérance par la satisfaction qu’il procure quand on arrive enfin à faire la figure que l’on voulait faire.

4/ Un jeu solitaire ou à plusieurs ?

Les figures se travaillent tout seul. Mais il est évident que le regard de l’autre est essentiel. On a besoin d’avoir au moins un spectateur et témoin pour attester de la réussite de ses tricks. Donc, c’est vraiment un jeu qui se pratique à plusieurs.

4/ Où se procurer et comment choisir son kendama ?

Il existe un représentant de la société en France : Kendama France. Vous pourrez choisir votre kendama entre près de 200 modèles différents, en fonction de leur forme, de leur marque et de leur décoration. Comme le dit Thierry, le représentant de la marque, les différences se jouent à quelques millimètres près, à un bois ou à un revêtement différent. Mais c’est comme le vélo, il faut d’abord en tester un pour savoir bien choisir son premier Kendama.

Ainsi la marque danoise Krom est la plus accessible. Les marques américaines vous donnerons une plus grosse expérience de jeu. Quand à la marque NATIV, elle est fabriquée dans le jura depuis 2016 par un tourneur sur bois.

Si vous préférer rester dans la sobriété et la tradition, vous pourrez opter pour la marque japonaise OZORA. Et vous découvrirez un objet plus difficile à jouer que les autres marques.

Comme on le voit, chacune de ces marques fournira donc au joueur une expérience de jeu différente.

Mais pourquoi cette soudaine passion ?

C’est la question que me demandait Scooby-Doo, en me voyant consulter des vidéos sur le sujet. « Mais c’est parce que j’aime le Japon et que je trouve que c’est un bel objet en bois ». Je n’osais pas trop lui dire que c’est parce que j’aimerais bien qu’il quitte un peu ses écrans. Car tout le monde le sait que faire des jeux en extérieur est excellent pour la santé.

Le lendemain, il vient me voir pour me demander : « Alors, il est où ton kendama ?! ».

Au final, quand nous avons reçu le kendama, les garçons se sont vite pris au jeu. Et c’est même le plus grand, qui a 20 ans, qui était le plus accro. Au point que Scooby-Doo réclamait le kendama pour pouvoir jouer !

Et vous, est-ce que vous connaissez le kendama ? Si oui, quelles figures préférez-vous ?

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