Sortir de l’école pour mieux y retourner

 

Comment et pourquoi avons nous fait l’instruction en famille de nos trois enfants pendant 6 ans de 2010 à 2016 ? Quels sont les détails de ce parcours ? Nos motivations ? Comment nous avons évolué dans notre pédagogie pendant toute cette durée et ensuite comment le retour dans le cursus scolaire « normal » s’est-il effectué ?

Nous sommes un couple recomposé avec quatre enfants. Sandrine a deux enfants d’un premier mariage : Ludivine et Quentin. Christophe a un fils d’un premier mariage qui vit chez sa mère. Nous avons un petit dernier, Baptiste, qui est commun au couple. Dans ce cadre familial, nous allons nous concentrer sur la scolarité des trois enfants du foyer : à savoir Ludivine, l’aînée, Quentin, deux ans de moins et Baptiste, 8 ans de moins que Ludivine.

Les premières difficultés apparaissent.

Les deux aînés sont allés en crèche et en maternelle et ont été scolarisé dans une école primaire publique. Les réelles difficultés de Ludivine se sont révélées pendant son année de CE2. Elle était extrêmement lente dans son écriture – certainement dû à une volonté de trop bien faire – au point qu’elle devait souvent rester en classe pendant la récréation pour pouvoir terminer sa prise de notes. Ludivine avait également des grosses difficultés pour mémoriser et comprendre les cours et Sandrine devait, après son travail comme à peu près tous les parents, s’atteler à revoir les cours avec sa fille, voire même à les refaire intégralement. De son côté, Quentin était plutôt doué, même un peu plus que la moyenne. Il avait été question de lui faire sauter la dernière classe de maternelle, mais la directrice ne l’avait pas accepté, à cause de ses difficultés en écriture. Il s’est donc retrouvé au CP, à savoir lire très précocement. Comme il était dans une classe mixte CP/CE1, il s’intéressait plus à ce que faisaient les grands et s’ennuyait.

Pourquoi l’Instruction En Famille ?

La nécessité de refaire les cours pour Ludivine devenait une tâche exténuante pour Sandrine. Et Quentin n’était pas très motivé par l’école. Sandrine a saisi l’opportunité de la naissance de Baptiste pour prendre un congé parental de trois ans. Nous avons alors décidé de déscolariser Ludivine et Quentin. Ludivine avait donc 9 ans et Quentin, 7. Nous avons fait une lettre à la mairie et l’autre à l’inspection académique et c’était parti pour l’aventure de l’instruction en famille. En effet, comme tous les parents, nous n’avions aucune idée de comment procéder. Mais heureusement, nous avions confiance en nous et dans les capacités de nos enfants.

Nous avons débuté en reproduisant le seul modèle que nous connaissions : nous avons fait l’école à la maison. À savoir que nous avons fonctionné pendant un peu plus d’un an sur le modèle de l’école, avec ses matières, sa pédagogie, un emploi du temps calqué sur celui de l’école, bien qu’évidemment un peu plus souple dans les horaires, et permettait de mieux respecter leurs rythmes d’apprentissages. Mais il faut bien reconnaître que cela ne fonctionnait pas. Les difficultés de Ludivine étaient quasiment les mêmes, l’ennui de Quentin également.

Des apprentissages par le jeu.

C’est vers les 10 ans de Ludivine et les 8 ans de Quentin que Sandrine a fait évoluer sa pédagogie en se servant des jeux. Nous avions déjà de nombreux jeux de société. Elle a commencé à les détourner pour y introduire des apprentissages : calcul, conjugaison, histoire, géographie. En fait, à cet âge-là, c’est l’idéal, car tous les apprentissages peuvent effectivement passer par le jeu. Elle a ensuite commencé à en inventer et à en construire de nombreux sur tous les sujets : … Nous avons continué ainsi pendant deux à trois ans. Tout ce temps, nous suivions plus ou moins le programme scolaire de la classe d’âge de chacun des enfants, ponctué des visites de l’inspectrice. Pour Baptiste, il aurait été un peu ridicule de le mettre à la crèche ou à la maternelle alors que les grands étaient à la  maison. Il a donc suivi le train.

 

Mais aussi des cours par correspondance.

À partir des 12 ans de Ludivine, alors qu’elle aurait dû rentrer en quatrième, les notions et les apprentissages devenaient plus complexes. Nous avons décidé de l’inscrire à des cours par correspondance, à savoir les cours belges IAD. Ils avaient l’avantage de ne pas imposer de rythme de progression, mais de laisser l’élève suivre le sien. Ludivine s’est donc consciencieusement attelée à ses cours. Elle a passé le brevet des collèges en candidat libre, qu’elle n’a malheureusement pas eu. Elle a ensuite décidé de réintégrer le cursus scolaire en niveau de la seconde, toujours dans un lycée public.

Ses capacités de compréhension et sa lenteur en classe étaient toujours ses points faibles. Mais elle avait gagné en confiance en elle et voulait réussir. Nous avons alors discuté avec elle de la poursuite de sa scolarité. Devant ses difficultés, poursuivre dans la filière générale aurait très probablement mené à un échec, et elle s’est orientée vers une filière professionnelle. Elle fait partie des premières de la classe avec une des meilleurs moyennes et les félicitations des professeurs. Elle entame donc une année de terminale avec toutes les chances de réussir son bac.  Son objectif étant de poursuivre ses études en préparant un BTS en alternance.

Pour Quentin, il devenait un peu moins motivant de jouer sans sa sœur, seul avec sa maman. Il a donc continué ses apprentissages par le jeu jusqu’à l’entrée de Ludivine au Lycée. Mais devant son manque de motivation, nous l’avons également réintégré au Collège, où il obtient de très bons résultats. Il a obtenu son Brevet des Collèges avec la mention bien et intègre aujourd’hui une seconde générale. Baptiste a suivi la voie de ses frères et sœurs et appris à lire de manière informelle et autonome. Mais devant les contraintes de temps, Sandrine ayant repris le travail depuis 2 années, nous l’avons également remis à l’école à compter du milieu du CE1.

Bilan de la l’instruction en famille de nos enfants.

Comme chaque enfant est unique, le bilan de l’instruction en famille de nos enfants est donc différent pour chacun. Pour l’aînée,  la sortir de l’école lui a évité de se retrouver en échec scolaire. L’instruction en famille lui a donné une autonomie dans ses apprentissage et lui a donné confiance en elle. Ses difficultés de compréhension ne sont ainsi pas devenues un frein, car elle pouvait travailler à son rythme. Pour Quentin, il aurait rapidement été lassé de l’école, où cela n’allait pas assez vite pour lui. Quant à Baptiste, ses apprentissages autonomes de la lecture lui ont donné une longueur d’avance. Il poursuit sa scolarité en CM1 avec une forte volonté d’apprendre et de bonnes capacités de mémorisation. L’Instruction en famille de nos enfants leur a donc permis, à chacun à sa manière, de réintégrer le parcours scolaire normal.

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